Collo contre Mcdo

Bernard Collorafi
Franchisé pendant 10 ans, je possédais trois restaurants McDonald’S en location-gérance à Antibes sur la Côte d’Azur.
J’étais l’un des meilleurs franchisés,très bien noté, et jouissais d’une excellente réputation au sein du réseau si bien que mes restaurants étaient classés restaurants témoins ou restaurants tests pour servir d’exemple.
En 1996 la multinationale décide dans la poursuite de son développement et pour faire face à l’implantation d’un concurrent (Quick) à 500m de mon 1er restaurant, d’ouvrir un second établissement “Antibes Nord”.
Puis, c’est dans la foulée, l’ouverture d’une troisième et quatrième unité à proximité ainsi que deux autres ouvertures à quelques kilomètres.
Malgré un troisième restaurant qui me fût confié à mon insistance, les pertes étaient devenues considérables conséquence d’une baisse spectaculaire du chiffre d’affaire et une montée tout aussi fulgurante de la redevance puisque celle-ci à une base fixe quel que soit le chiffre des ventes générées.
Il est évident que les ouvertures massives de plusieurs unités en l’espace de quelques mois ont provoqué le désastre espéré par la Société McDonald’S pour mettre à mal ma situation.
Alors que la Société McDonald’S membre de la Fédération Française de la Franchise doit respecter impérativement le code de déontologie qui prévoit que :
- ” Tout Franchiseur doit conduire le développement de son réseau sans porter préjudice aux partenaires déjà installés”
(L’expertise judiciaire du 15 octobre 1999 ordonnée par la Cour d’Appel de Paris constate que Monsieur COLLORAFI a investi 12 millions de francs (près de 2 millions d’euros) et qu’il a consacré tout son temps et toute son énergie au développement de l’Enseigne.)
En 1998 je décide d’assigner en justice la société Mcdonald’s.
Dans l’Arrêt de la Cour d’Appel de Paris du 08 mars 2000 les magistrats ont dénoncé ceux qui ont su conduire mes entreprises à la déconfiture complète en employant des manoeuvres déloyales dans le seul but de s’approprier mon patrimoine et de s’enrichir.
” Monsieur Collorafi, écrivent-ils, n’avait aucune chance de s’en sortir, même s’il avait remis dans ses sociétés toutes les sommes qu’il avait gagné pendant les 10 ans d’activité !”
Et ils précisent : “La Direction de la Société McDonald’S jouait avec la vie de son franchisé!”
Le mandataire judiciaire chargé de la liquidation de mes entreprises s’est étonné de ce que les Magistrats après avoir constaté l’entière responsabilité de la Société McDonald’S ne l’ont pas condamnée en dommages et intérêts et me laissent supporter les conséquences d’une guerre économique provoquée par le franchiseur. Aussi il n’a pas pu m’assigner devant le tribunal de commerce pour comblement de passif: “Vous n’êtes pas du tout responsable m’a t-il dit et l’expertise judiciaire a conclu à une très bonne gestion de votre part !”
Le mandataire judiciaire envisage d’assigner la société McDonald’S en responsabilité pour la faire condamner en paiement de dommages et intérêts justifiés.
Affaire à suivre…





