McDonald’s France et son franchisé marseillais divorcent à l’amiable
Les Echos 5 Novembre 2007:
McDonald’s France et son franchisé marseillais divorcent à l’amiable
McDonald’s France et son franchiseur marseillais séparent leurs activités avec, à la clef, une nouvelle définition du territoire de développement de la chaîne américaine de restauration rapide dans la métropole.
DE NOTRE CORRESPONDANTE À MARSEILLE.
L’affaire n’ira pas devant les tribunaux. Après des mois de conflit (« Les Echos » du 19 avril 2006) la société marseillaise Brescia Investissement SA (Bisa) et McDonald’s France ont signé un accord qui définit une nouvelle organisation pour le premier franchisé de l’Hexagone. Le PDG, Francesco Brescia, a repris la totalité du capital de Bisa, la société qu’il avait créée en 1992 à parts égales avec McDonald’s France. « Je repars tout seul dans l’aventure avec une stratégie plus axée sur la rentabilité, qui impliquera d’étudier au cas par cas l’éventuelle cession de points de vente existants ou l’ouverture de nouveaux, en bonne intelligence avec les nouveaux franchisés qui seront sur Marseille », explique le dirigeant, qui a restructuré la direction de l’entreprise pour faire face au départ de son partenaire avec, en particulier, la nomination de son fils à la direction générale et le recrutement d’un directeur financier.
Un cas particulier en France
Bisa gère aujourd’hui 17 restaurants avec 1.200 salariés (750 équivalents temps plein), un chiffre d’affaires de 60 millions d’euros en 2006 et une rentabilité nette de l’ordre de 5 %. L’ensemble est regroupé dans le cadre d’une unité économique et sociale.
Des chiffres qui en font un cas un peu unique dans l’Hexagone, où les plus importants franchisés de McDo gèrent en général moins d’une dizaine de restaurants et où la société mère est présente dans 25 sociétés créées avec des partenaires locaux à des hauteurs variables suivant les cas. « A Marseille, cette joint-venture avait été installée parmi les toutes premières pour développer un concept qui n’arrivait pas à prendre en France et avec des conditions différentes de celles qui ont été mises en place par la suite. Pour le franchiseur, elle n’était pas faite pour perdurer car jugée trop avantageuse pour Bisa », explique Francesco Brescia.
Après quelques tentatives de modification de ces conditions, McDonald’s France a choisi de faire pression en reprenant manu militari le restaurant de La Canebière dont le contrat de franchise arrivait à échéance en 2006, au bout de vingt ans, puis un deuxième restaurant à Marseille, conduisant le dirigeant marseillais à porter l’affaire devant la justice et provoquant la nomination d’un administrateur provisoire.
L’accord qui a été signé met donc un terme au dossier juridique, mais Bisa devra trouver un nouveau modèle de développement. Les contrats de franchise de ses 17 établissements arriveront à leur terme entre 2008 et 2018 et leurs renouvellements seront étudiés au cas par cas. Selon Francesco Brescia, au moins une dizaine de points de vente pourraient encore être créés dans la région marseillaise, par lui ou d’autres. D’ores et déjà , c’est McDonald’s France qui ouvrira un restaurant dans la gare Saint-Charles refaite à neuf avant la fin de l’année.
BRIGITTE CHALLIOL





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