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Le McDonald's de Brest, « premier employeur » de salariés précaires, a été occupé |
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La mobilisation grossit de plus en plus contre le contrat première em-bauche (CPE), qui autorise une période d'essai de deux ans pour les jeunes de moins de 26 ans. Ce sont maintenant sept universités qui sont en grève : Rennes 1 et 2, Toulouse Le Mirail et Rangueil, Brest, La Rochelle, Poitiers, avec des grèves dans certaines filières à Nantes, Lorient, Vannes, etc. Les assemblées générales (AG) sont toujours impressionnantes. À Rennes, par exemple, lundi 21 février, 3 000 étudiants se sont réunis en AG tandis qu'on en comptait 2 000 à Poitiers.
Des actions sont organisées, notamment dans les gares, comme à Poitiers, Toulouse, Nanterre ou Bar-le-Duc, où des trains ont été bloqués. Le McDonald's de Brest, « premier employeur » de salariés précaires, a été occupé, tout comme la direction départementale du travail de Tours. Malgré les vacances scolaires, les lycéens se lancent eux aussi dans la bataille. Avant leurs congés, ils formaient le gros des manifestants dans la plupart des villes. Mais la répression s'abat sur eux. Ainsi, à Saint-Girond (Ariège), 90 lycéens ont été exclus trois jours pour avoir manifesté contre le CPE. À Paris, pour casser la mobilisation, les convocations devant le juge viennent de reprendre, dans le cadre des procès contre le mouvement lycéen de 2005.
Une première coordination nationale du mouvement s'est réunie le 18 février à Rennes. Elle a regroupé des représentants de 35 universités en grève ou en mobilisation. La coordination a adopté un appel s'opposant à la loi sur l'égalité des chances (qui instaure le CPE et l'apprentissage dès quatorze ans), au contrat nouvelles embauches (qui établit une période d'essai de deux ans dans les entreprises de moins de vingt salariés), et demandant un plan de création de postes dans l'Éducation. Cette coordination a été la première étape pour construire un mouvement national qui se dote de sa propre voix, qui définit ses revendications et ses rythmes de mobilisation. La deuxième étape devait avoir lieu à Toulouse Rangueil avec une deuxième coordination, le 25 février, qui devait regrouper les étudiants, mais aussi des lycéens et de jeunes travailleurs.
Le 18 février, des conflits sont apparus avec la direction de l'Unef. Ce syndicat étudiant s'est opposé à des revendications plus larges, comme le retrait de la loi Fillon sur l'école et la « reconnaissance de nos diplômes ». Ces deux revendications auraient permis de lier le mouvement aux lycéens qui s'opposaient à la réforme Fillon et aux étudiants qui se battent contre le LMD, ce qui aurait été d'autant plus utile que le LMD est la précédente attaque contre les garanties collectives sur le marché du travail.
Mais le conflit le plus aigu a concerné la date et le lieu de la prochaine coordination. Suite à un vote litigieux sur cette question, la direction de l'Unef s'est opposée à un nouveau décompte des voix, qui l'aurait rendue minoritaire. Elle a préféré quitter la salle et les délégués restants (majoritaires, avec les délégués des universités réellement en grève et de nombreux militants non syndiqués ou syndiqués à l'Unef ou à Sud) ont voté une coordination à Toulouse, le 25 février. Ce désaccord révèle divers problèmes que connaît le mouvement sur la question de sa direction. Le Mouvement des jeunes socialistes (MJS) et l'Unef tentent, chacun à sa manière, d'apparaître comme la principale opposition au CPE, le MJS en étant à l'impulsion du collectif unitaire des organisations de jeunesse, la direction de l'Unef en tentant de diriger d'une main de fer la coordination étudiante. Mais le mouvement les déborde déjà.
La coordination nationale a appelé à une journée de blocage des universités et de grève et manifestations de l'ensemble de la jeunesse le 23 février et le 28 février. L'objectif est de permettre au mouvement de faire un nouveau saut, en étendant le mouvement de grève. Malgré les vacances qui ont lieu dans un tiers des universités environ, le mouvement devrait s'étendre et ces blocages être un point de départ de grèves reconductibles. La rentrée des lycéens, semaine après semaine, pourra donner de nouvelles impulsions au mouvement, car cette frange de la jeunesse a déjà l'expérience d'un mouvement sur la durée, des blocages, et cherche à prendre sa revanche sur le gouvernement.
Le développement de la grève est la question fondamentale actuellement, l'objectif restant un véritable soulèvement de la jeunesse. Le 7 mars est une étape décisive pour la mobilisation. Cette date arrive très tard, façon, pour les directions syndicales, de freiner la mobilisation. Mais, maintenant que le mouvement se développe tout de même, le 7 mars peut être la date à partir de laquelle les travailleurs rejoignent le mouvement de la jeunesse. Le CPE ne concerne pas seulement les jeunes. S'il passe, Villepin a promis la remise en cause du CDI. À nous de lui faire comprendre qu'il y en a assez de la précarité. Le mouvement qui démarre, si l'ensemble des travailleurs s'y joignent, peut infliger une défaite au gouvernement et, pourquoi pas, permettre enfin d'en finir avec ce gouvernement qui casse nos droits depuis des années. Alors, tous en grève !
Antoine Larrache
source:http://www.lcr-rouge.org/article.php3?id_article=3465
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