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Collo Contre McDO, McDonald's, souvent appelé plus familièrement McDo (prononcé MacDo en France et Mecdo au Québec)

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Changer les pratiques du commerce mondial : le cas Mac Donald en Suisse PDF Print E-mail
Written by Administrator   
Changer les pratiques du commerce mondial :
le cas Mac Donald en Suisse

Depuis mars 2003, l'ensemble des 139 restaurants Mac Donald en Suisse ne proposent plus que du café équitable. Mac Donald distribue en effet des cafés Aroma qui portent le label Max Havelaar.

L'entrée du commerce équitable chez Mac Donald suisse a suscité quelques réactions infondées, allant jusqu'à discréditer la pertinence de l'action de Max Havelaar. Il nous a semblé nécessaire de revenir sur certains malentendus.

Max Havelaar France est une association loi 1901. Elle a pour but de contribuer au développement des producteurs et travailleurs défavorisés des pays du Sud, en leur permettant l'accès aux marchés internationaux à des prix équitables. Pour cela elle assure, en lien avec ses homologues réunis au sein de Fairtrade Labelling Organizations International (FLO-International), la gestion du label international de commerce équitable " Max Havelaar ".
Sans être elle-même impliquée dans le commerce, Max Havelaar détermine, en lien avec les producteurs, les standards du commerce équitable par produit, qui visent à promouvoir le renforcement des organisations des petits producteurs et travailleurs du Sud. L'association met en contact les organisations de producteurs avec les industriels du Nord, en veillant au bon respect des standards du commerce équitable, à travers des contrôles rigoureux des différents acteurs. Elle assure également un appui aux producteurs afin de renforcer leur situation.

En aucun cas, Max Havelaar Suisse ne labellise l'entreprise Mac Donald's mais les produits de la marque Aroma distribués par Mac Donald's.


1. Un traitement de faveur pour Mac Donald ?

Le contrat de licence Max Havelaar passé avec Aroma (et non avec Mac Donald) ne diffère en rien des autres contrats de licence. Les conditions et obligations sont régies selon les standards internationaux du commerce équitable FLO.

Pour mémoire, le contrat de licence est un engagement contractuel entre une entreprise et Max Havelaar spécifiant les conditions d'utilisation du label Max Havelaar.
L'utilisation du label Max Havelaar est ouverte à toute entreprise qui s'engage par contrat à respecter des critères précis sur l'achat, la production et la commercialisation de produits pour lesquels il existe des standards internationaux du commerce équitable.
Max Havelaar souhaite travailler avec des entreprises qui ont une volonté réelle et active de contribuer à l'expansion du marché des produits équitables en France et au niveau international, permettant au plus grand nombre de consommateurs de trouver des produits qui correspondent à leurs attentes et au plus grand nombre de producteurs du Sud de bénéficier de conditions commerciales avantageuses.

Les éléments principaux du contrat de licence sont les suivants :

* Achat de matières premières ou produits semi-finis pour utilisation dans les produits portant le label Max Havelaar auprès d'importateurs ou fabricants agréés par FLO, conformément aux standards internationaux du commerce équitable.
* Déclarations trimestrielles des achats, production et ventes de matières premières et produits (semi-)finis selon un format pré-défini et dans un délai de 15 jours suivant la fin du trimestre civil.
* Paiement d'une redevance (par kg ou litre de produit portant le label Max Havelaar vendu) à Max Havelaar France pour le financement de la certification de la filière et la promotion du label auprès des consommateurs français. Cette redevance est d'un montant minimum de 250 € par trimestre à partir de la fin de la première année après la signature du contrat.
* Attestation annuelle du commissaire aux comptes ou expert-comptable de l'entreprise à envoyer à Max Havelaar France dans les 6 mois suivant la fin de l'exercice comptable.
* Acceptation de contrôle(s) physique(s) annoncé(s) ou inopiné(s) du concessionnaire par un auditeur externe pour vérifier la conformité aux conditions du contrat de licence.
* Apposition du logo Max Havelaar ainsi qu'un texte expliquant la démarche sur tout emballage, permettant au consommateur d'identifier le produit et à Max Havelaar France de garantir la traçabilité du produit. Ces éléments sont contenus dans le contrat de licence et le manuel d'utilisation du logo.


2. Refuser le commerce équitable à Mac Donald ?

Max Havelaar France est conscient des problèmes posés par la multinationale Mac Donald, symbole - particulièrement en France - d'un type de mondialisation aux effets désastreux, dénoncé par nombre d'entre nous : faiblesse des droits sociaux de leurs salariés, fabrication de certains jouets par des enfants en Chine, atteinte à la diversité culinaire et culturelle dans le monde, etc. Pour autant, nous pensons que l'engagement de Mac Donald en Suisse en faveur du commerce équitable est un premier pas vers un changement de leur politique d'approvisionnement.

Aujourd'hui, n'importe quelle entreprise peut décider de consommer équitable. Il s'agit d'un cadre juridique simple : Max Havelaar est un système de certification indépendant, ainsi toute entreprise qui répond à nos standards peut obtenir le label pour ses produits. La question qui nous est posée est de savoir s'il faut mettre en place des actions visant à les en empêcher. Notre réponse est claire : nous souhaitons le développement de la consommation de produits du commerce équitable, selon deux objectifs prioritaires : à court terme pour répondre aux besoins des producteurs défavorisés des pays du Sud, à long terme pour contribuer au changement des pratiques du commerce mondial.

2.1. Répondre aux besoins des producteurs

L'objectif des initiatives nationales, telles que Max Havelaar France, et de FLO International est de permettre à un maximum de producteurs et travailleurs défavorisés du Sud de vivre dignement et décemment de leur travail.

Nous travaillons avec 320 organisations de producteurs et travailleurs dans plus de 40 pays du Sud, ce qui représente 800 000 familles de producteurs et travailleurs. Or chaque année, entre 300 et 500 organisations de producteurs et travailleurs demandent à être agréées par FLO International afin de bénéficier de la démarche du commerce équitable (un prix minimum garanti, une prime de développement investie par exemple dans la santé et l'éducation, un préfinancement des récoltes, des contrats sur le long terme). Hélas, FLO International est contrainte de refuser 90 % des demandes car la consommation au Nord est trop faible.

Le commerce équitable est surtout un moyen unique pour des producteurs isolés et exploités de s'organiser en union de coopératives (qui peuvent représenter plusieurs dizaines de milliers de producteurs) et ainsi de peser politiquement au plan local et national dans les décisions de leurs gouvernements. Quant aux salariés des plantations, le commerce équitable, outre un meilleur salaire, leur permet de renforcer leurs droits syndicaux et sociaux.

2.2. Changer les pratiques du commerce international

Les initiatives nationales et FLO International sont convaincues que le commerce équitable peut parvenir à modifier les pratiques du commerce international, par deux moyens.

Le premier est un changement par l'économique. En effet, si des campagnes de dénonciation sont menées par des associations et des syndicats et si les achats équitables se multiplient de la part des citoyens-consommateurs et des collectivités publiques, les multinationales engagées dans le commerce international vont voir leur image se dégrader et perdre des parts de marché. Elles seront alors contraintes de revoir leurs pratiques. C'est la raison pour laquelle, les initiatives nationales et FLO International estiment qu'il faut développer le commerce équitable au sein même de ces entreprises.
Cette pression sur les entreprises, menée en lien avec d'autres ONG, comme ce fut le cas lors de la campagne de cartes postales d'OXFAM, qui demandait à certaines multinationales de s'engager à commercialiser des produits équitables, appelle des réponses concrètes.
Max Havelaar France, les autres initiatives nationales et FLO, proposent une autre organisation de leurs échanges commerciaux à ces entreprises, en veillant, via la définition des standards du commerce équitable, la certification et les contrôles, à ce que ces échanges s'établissent au profit des petits producteurs en garantissant leur traçabilité aux consommateurs.


Le second est un changement par le politique. Le commerce équitable est une démarche pionnière pour compenser les effets néfastes pour l'Homme et l'Environnement d'un commerce mondialisé. Max Havelaar porte la solution du commerce équitable auprès des instances pesant sur la scène politique internationale : Forum social mondial de Porto Alegre, Forum économique mondial de Davos, Sommet mondial sur le développement durable à Johannesburg, round de négociation de l'OMC de Seattle en 1999 à Cancun cet automne. Vous trouverez ci-joint la position commune des ONG françaises dont Max Havelaar fait partie. L'enjeu de ces actions de lobbying est de convaincre ces instances de faire du commerce équitable le modèle à suivre par le commerce international.


Le label Max Havelaar est un instrument concret qui permet d'influer sur les pratiques commerciales mondiales. L'objectif, à terme, est que le commerce équitable devienne la norme. Notre champs d'action depuis 15 ans est le renforcement des organisations de producteurs dans les pays en voie de développement. Les résultats obtenus avec plus de 450 industriels engagés dans le commerce équitable et plus de 300 organisations bénéficiaires démontrent l'efficacité de notre activité. Parallèlement, d'autres ONG et syndicats ont l'expertise nécessaire pour veiller à l'amélioration des pratiques au Nord. Des passerelles existent entre nous et nous agissons en complémentarité.

Lorsque des entreprises s'impliquent dans une consommation responsable (équitable, biologique, produits portant l'Eco-label ou le label FSC,…) nous considérons qu'il s'agit d'un pas positif, mais cela ne doit pas servir d'alibi à des pratiques condamnables.

L'action citoyenne et vigilante des consommateurs est essentielle : reconnaître les avancées, tout en considérant chacune d'entre elles comme une étape et non comme un aboutissement.


source:http://www.maxhavelaarfrance.org/ressources/cp-mac-do.htm
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