David Leclabart enfile la blouse chez TBWA, Carnet
Vendredi, 24 février 2012 |D’ici à quelques jours, David Leclabart, trente-quatre ans, nouveau directeur général de TBWA Paris aux côtés de Luc Bourgery, fera une expérience inédite. Tel le patron d’Ucar filmé au bas de l’échelle dans l’émission de M6 « Patron incognito », il se glissera trois jours dans la peau d’un « équipier » derrière le comptoir d’un restaurant McDonald’s. Au menu : blouse blanche, gants en latex et travail assidu « pour comprendre un McDo de l’intérieur ». Seule différence, de taille : aucune caméra de télévision ne saisira le moindre instant de cette plongée dans l’univers du tycoon du hamburger, par ailleurs budget historique de l’agence TBWA, qui le partage avec BETC. Quelques semaines plus tard, il réitérera l’expérience, cette fois chez GMF, autre compte clef de l’agence. La télé-réalité a finalement des mérites inattendus.
Mais c’est aussi
l’occasion de découvrir l’une des facettes de David Leclabart, le très discret fils et neveu de Jérôme et Vincent Leclabart, respectivement directeur de création et président d’Australie : « Je suis tombé dans la marmite de la pub, mais sans savoir véritablement à quoi ressemblait cette marmite ! Mon père et mon oncle donnaient l’impression de s’amuser. C’est vraiment en bossant que j’ai compris la réalité de leur métier », indique ce jeune homme sage, issu de l’ouest parisien, tendance « bourgeoisie lambda de province », et qu’accompagne un parcours professionnel quasi parfait. « Derrière l’armure, une arrogance de façade, c’est un vrai gentil », estime l’un de ses concurrents. Diplômé de l’Edhec, fan de football et de rugby, « ce type au drive étourdissant » selon l’expression du publicitaire Benoît Schmider, démarre sa carrière chez B
ETC Euro RSCG en tant que planneur stratégique. Deux ans plus tard, en 2000, on lui confie la direction du développement de l’agence. Une ascension trop parfaite, trop lisse ? De fait, David Leclabart éprouve des fourmis dans les jambes. Et c’est avec enthousiasme qu’il se jette, en 2001, dans ce qui sera une aventure sans suite, bien que brillante : la fondation du Singe, « hot shop » créative, filiale de BETC.
Là, tout va vite, et même un peu trop vite : « Nous avons gravi les marches quatre à quatre en engrangeant Sephora, les écrans plats Sharp et Nike, en trois mois… Du coup, nous avons embauché de grosses pointures… La structure est devenue un peu lourde », explique-t-il posément dans le salon d’un grand hôtel, en sirotant un jus de pamplemousse, impeccable dans son gilet laine et cuir noir, son jean et sa chemise rayée, sa barbe de trois jours délicatement taillée et ses lunettes sages.
L’aventure dure trois ans, comme l’amour, et s’arrête, entravée notamment par la difficulté à positionner Le Singe par rapport à sa maison mère, BETC. « Et puis l’agence ne bougeait plus. » Mais l’expérience a porté ses fruits : chez Le Singe, aucun format préétabli commercial-créatif. « L’idée primait sur l’architecture des moyens », confie-t-il.
CLM-BBDO en 2004, McCann en 2010… Les directions générales se succèdent, mais ne se ressemblent pas. La dernière laissera comme un parfum d’inachevé. Assez vite en effet, David Leclabart a été happé au même poste chez TBWA. Il opine « pour Jean-Marie Dru, le savoir-faire et le côté rock qu’incarne leur filiale Chiat Day (responsable du budget Apple, NDLR) et parce que cela me plaît bien de batailler contre le duopole Publicis et Havas ». Sur sa feuille de route : le
développement de l’agence mais aussi la gestion de budgets majeurs comme McDo ou GMF. Déjà, sa blouse et ses gants l’attendent patiemment sur le comptoir McDo.
Source: www.lesechos.fr
Certains ne reculent devant aucun affront, culinairement parlant. Tenez, par exemple, comment expliquez-vous qu’on puisse avoir l’idée de passer un menu tout droit sorti de chez McDonald’s dans un cuiseur de riz ?




